En politique comme en amour, moins de déclarations, plus de preuves !
En politique comme en amour, moins de déclarations, plus de preuves !Face aux critiques, le meilleur antidote reste l'action !Dans son édition du 07 octobre, un journaliste du journal Alwatwan a consacré son billet à ceux qui critiqueraient les déplacements du Chef de l'Etat à l'étranger, les présentant comme " des opposants confortablement installées dans le confort de la critique stérile.."Je ne me sens pas particulièrement visé, puisque l'auteur parle de l'opposition, dont je ne fais pas partie. Mais ayant moi-même abordé cette question dans une précédente tribune, je me permets de m'inviter dans ce débat pour apporter quelques précisions. Je le fais d'autant volontiers que j'apprécie la qualité de ses billets et sa contribution au débat public.En ma qualité d'ancien diplomate, je n'ignore ni l'importance de la diplomatie ni le rôle essentiel qu'elle joue dans les relations internationales.Je sais ce que représente la présence d'un Chef d'Etat dans les grandes enceintes internationales, les rencontres bilatérales et multilatérales, ainsi que la nécessité pour un pays de défendre ses intérêts et son image à l'extérieur. Ceci dit, ma tribune ne remettait donc nullement en cause la présence du Président Azali Assoumani aux rendez-internationaux, comme je l'ai d'ailleurs écrit clairement dans la tribune en question.Je posais une question de proportion et de priorités, dans un pays aux ressources limitées, en questionnant si vraiment, il y avait besoin de délégations aussi importantes autour du Chef de l'Etat pour atteindre nos objectifs diplomatiques.Je tiens à rappeler un principe important dans une démocratie qui veut que le débat ne devrait pas être réduit à un face à face entre le pouvoir et l'opposition. Dans une démocratie, la voix de la société civile compte, c'est à dire, des citoyens qui n'appartiennent à aucun parti, mais qui ont le droit d'observer, de questionner et de critiquer l'action publique.Personnellement, je ne me considère pas ni comme un homme du pouvoir ni comme un membre de l'opposition. Je n'ai la carte de militant d'aucun parti politique. Je revendique, en revanche, ma liberté de soutenir ce qui me parait juste et de questionner ce qui mérite de l'être.Le citoyen n'est pas seulement celui qui vote. Il est aussi celui qui observe, qui questionne, qui demande des explications et qui s'intéresse à l'utilisation des ressources de la collectivité. L'argent public n'appartient ni au gouvernement, ni à un parti, ni à ceux qui occupent momentanément les responsabilités de l'Etat. Il appartient à la collectivité.Questionner une dépense ne signifie donc pas s'opposer à celui qui gouverne, comme soutenir le gouvernement sur certains sujets ne signifie pas non plus lui donner un blanc-seing sur tout. Il n'y a pas de meilleur antidote à ceux qui sont " confortablement installés dans le confort de la critique " que la constatation de résultats concrets ayant un impact favorable sur la vie de la population. Faute de quoi, tout le reste sera toujours perçu comme une simple communication politique.A sa décharge, malgré toute sa bonne volonté, un Président ne peut pas, à lui seul, changer les choses. C'est la raison pour laquelle il s'entoure d'une équipe, avec au premier chef son gouvernement, chargé de transformer ses orientations en actes. Or, c'est justement là que le bât blesse ! lorsque l'entourage ne suit pas, que l'exécution patine et que les bonnes intentions restent au stade des discours, le meilleur des projets finit par perdre toute sa portée.Pour autant, en vertu de son pouvoir de nomination, il lui appartient d'en tirer les conclusions qui s'imposent.Omar Badaoui© " Copyright " Habarizacomores.com– www.habarizacomores.com